La présence accrue des professions de santé sur les réseaux sociaux soulève des questions légitimes. Les patients s’informent en ligne, les influenceurs et influenceuses documentent leurs expériences et les cabinets cherchent à mieux communiquer. Parmi ces interrogations, celle du partenariat entre un dentiste et une créatrice de contenu nous a été posée. La réponse n’est pas intuitive, mais elle est pourtant très claire dès lors que l’on examine le cadre légal et déontologique qui s’impose aux chirurgiens-dentistes.
Cet article propose une mise au point complète, accessible et précise, afin d’éclairer les limites, les risques et les alternatives possibles.
La profession de chirurgien-dentiste est soumise à un encadrement particulièrement rigoureux. Le Code de la santé publique(même s’il a un peu évolué avec le décret du 22 décembre 2020) interdit “toute publicité intéressant un tiers ou une entreprise industrielle ou commerciale”. A ce titre, comme le rappelle Steve Toupenay, secrétaire général de la Commission Exercice et Déontologie de l’Ordre national des Chirurgiens Dentistes, l’Ordre maintient « fermement l’interdiction de pratiquer la publicité qui assimilerait [leur] exercice à du commerce » (voir la lettre de l’ordre de mars 2021).
Cette règle s’applique à l’ensemble des supports, y compris les réseaux sociaux. L’objectif de cette interdiction est constant depuis des années : préserver la confiance du public en garantissant une information loyale, vérifiable et dépourvue d’incitation commerciale. Tout message visant à attirer de nouveaux patients, à valoriser un cabinet ou à présenter un acte de manière promotionnelle contrevient à cette logique.
Dans ce contexte, solliciter une influenceuse ou accepter qu’elle mette en avant un cabinet constitue presque toujours une forme de publicité indirecte, même lorsque l’intention n’est pas explicitement commerciale.
Une influenceuse produit par nature du contenu destiné à valoriser une expérience, un lieu ou un professionnel. Elle crée de l’engagement, génère de la visibilité et influence les comportements. Cette mécanique relève, d’un point de vue déontologique, de l’action publicitaire.
Sont notamment problématiques :
Dès que le message comporte une dimension valorisante ou incitative, l’infraction est caractérisée. Il existe ainsi une incompatibilité presque totale entre les pratiques d’influence commerciale et les obligations qui s’imposent aux dentistes.
Certaines zones grises existent, mais elles demeurent étroites et doivent être abordées avec une grande prudence.
Un contenu peut être envisagé dans les situations suivantes :
Ces exceptions ne permettent pas de contourner les règles. Elles exigent neutralité, transparence et absence totale d’intérêt commercial. Dès qu’une ambiguïté existe, il est préférable de s’abstenir.
Les sanctions peuvent être significatives. Elles relèvent de la juridiction disciplinaire ordinale et peuvent aller de l’avertissement à l’interdiction temporaire d’exercice, voire à la radiation dans les cas les plus graves.
Au-delà de l’aspect disciplinaire, un partenariat mal maîtrisé expose le praticien à des risques réputationnels (perte de confiance du public), juridiques (en cas d’allégation trompeuse), médiatiques (bad buzz autour des pratiques de santé)…
Le bénéfice attendu d’une mise en avant sur les réseaux ne justifie jamais ces risques.
Côté dentiste, communiquer n’est pas interdit. Ce qui l’est, c’est la publicité. De nombreux leviers existent pour développer une visibilité saine, utile et professionnelle.
Un dentiste peut par exemple :
Il s’agit de valoriser la qualité du service, non de promouvoir un acte ou d’attirer la patientèle.
Côté créateur de contenu, il existe des possibilités à condition qu’aucune contrepartie ne soit versée et qu’aucune incitation n’apparaisse. Les contenus peuvent notamment :
Toute valorisation directe du cabinet est, en revanche, prohibée.
Exemples de situations concrètes |
État |
Motif |
|---|---|---|
Une influenceuse rémunérée visite le cabinet et en parle |
Interdit |
Publicité indirecte |
Un code promotionnel ou une invitation à consulter |
Interdit |
Incitation commerciale |
Témoignage personnel sans partenariat |
Acceptable |
Absence d'intérêt commercial |
Interview autour de la prévention dentaire |
Acceptable |
Contenu informatif |
Les professions réglementées peuvent adopter une communication solide et cohérente, dès lors qu’elle repose sur une approche responsable. Elle garantit une image à la fois moderne et conforme, ce qui est indispensable pour les professions de santé.
Nous privilégions notamment :
De nombreux praticiens se tournent vers nous au moment de définir leur stratégie de communication. Derrière une question qui semble simple se cachent souvent des enjeux juridiques importants. Notre accompagnement permet alors d’éviter des erreurs coûteuses, qu’il s’agisse de risques disciplinaires ou de mises en cause liées à une communication non conforme.
Cette expertise s’appuie sur une double compétence que nous mobilisons au quotidien : la maîtrise des règles de communication propres aux professions réglementées et une solide formation juridique (Aurélie Garbay-Douziech est Docteure en droit). Elle nous permet d’orienter précisément les cabinets vers des pratiques à la fois efficaces et pleinement respectueuses de leurs obligations déontologiques.
Si votre structure se trouve confrontée à une interrogation similaire ou si vous souhaitez sécuriser votre communication digitale, l’Agence Iltze se tient à votre disposition pour vous accompagner.